mardi, 12 décembre 2017

Le trait de côte de l'ile de Noirmoutier

Contribution à l'Enquête Publique sur le projet de Prévention des Risques Littoraux dans l’Ile de Noirmoutier (PPRL, mai 2015)

Les changements climatiques s’accélèrent et leur menace se précise pour les personnes et les biens. La tempête Xynthia de février 2010, qui a endeuillé le littoral sud de la Vendée, en est une parfaite et tragique illustration.

Par arrêté en date du 6 janvier 2011, le Préfet de la Vendée a pris la décision de prescrire l’élaboration d’un Plan de Prévention des Risques Littoraux pour l’Ile de Noirmoutier, dont les 2/3 du territoire sont au-dessous du niveau des plus hautes mers.

Un premier projet a été présenté par les services de l’Etat le 18 octobre 2012 ; il avait eu notre approbation de principe avec un souhait d’adaptation aux conditions locales. Les collectivités l’ayant contesté, celles-ci ont élaboré un contre-projet. Une large concertation, regroupant services de l’Etat, collectivités et associations, a abouti à une nouvelle étude confiée à la société DHI et encadrée par un cahier des charges approuvé par l’ensemble des parties.

Le deuxième projet de PPRL a été présenté en janvier 2015. Rejeté par les collectivités locales en mars suivant, un troisième projet a été élaboré, actuellement soumis à l’enquête publique, et présenté à nos concitoyens en mai 2015.

Le zonage des territoires des différentes communes a été partiellement modifié et doit être confirmé. Il repose, comme le précédent, sur le scénario de non-concomitance des défaillances des défenses naturelles ou construites.

Or les données historiques font apparaître que les défaillances sont souvent multiples sur un même casier hydraulique ou sur des casiers contigus. En outre, tous les ouvrages de défense ont été pris en compte, même ceux en cours de réalisation et qui seront réceptionnés en 2015 (épis des Eloux, par exemple).

La sécurité offre la confiance qui permet de considérer plus sereinement l’avenir.

Les dispositions réglementaires prévues doivent aussi être maintenues. La modélisation des submersions dans les conditions Xynthia (coefficient de marée très élevé, dépression barométrique conduisant à une surcote du niveau marin à la pleine mer, violentes rafales de vent, afflux à la côte) a montré que, dans les zones inondées, le niveau de l’eau pouvait atteindre la cote 3,20m NGF.

En conséquence, nous souhaitons que la hauteur des planchers des rez-de-chaussée des projets d’habitations demeure fixée à ce niveau : la mise en sécurité des personnes, objectif premier d’un PPRL, l’exige. Il convient de revoir certaines prescriptions des PLU, comme par exemple la hauteur des faitages des constructions qui devra être calculée par référence à cette cote de 3,20m NGF.

 

Nous regrettons que le 1er projet de PPRL n’ait pas été accepté, en dépit des amendements nécessaires, considérant sa nécessité et son urgence. Nous en sommes à la 3e version qui comme la précédente a édulcoré la première. A force de chercher le consensus qui ne sera pas obtenu, les conditions de sécurité des citoyens s’amoindrissent au profit de la mer. Remettre en cause le zonage proposé par le PPRL ne peut que nuire gravement à la sécurité de nos concitoyens.

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Imprécision des mesures GPS en rapport avec la précision des différentes zones d’aléas.

Les mesures prises par GPS, depuis un avion, ont une précision de 15cm alors que celles prises au sol sont 10 fois plus précises. Pour les situations critiques en zone inondable, il peut y avoir la possibilité de basculer dans une zone moins défavorable par l’expertise d’un GPS de géomètre dont la précision est de l’ordre du centimètre. Ainsi, compte-tenu de la marge d’erreur de la mesure, celle-ci devrait se répercuter par une zone d’incertitude nécessitant l’expertise du géomètre. Si elle est justifiée, cette possibilité doit être ajoutée et prise en charge par l’Etat et/ou les collectivités locales.

 

Impossibilité de ruptures sur Jetée Jacobsen : 2 x 25m.

Les ruptures estimées de la jetée Jacobsen ne sont pas compréhensibles. Ce n’est pas une digue de front de mer, mais elle agit comme une digue de retrait. Seules des surverses peuvent y être éventuellement envisagées. La faible épaisseur de la lame d’eau à mer haute et la faible distance de prise de vent (d’ouest, le seul pouvant être considéré) ne permettent pas aux vagues de développer des hauteurs et une énergie suffisantes pouvant conduire à la rupture. D’où le respect nécessaire des servitudes afférentes à un tel ouvrage : entretien des talus, surveillance des jointoiements et des fissures. Ce n’est pas le cas actuellement.

Restaurée et rehaussée très récemment (2009), la Jetée Jacobsen est une digue de sécurité, élément essentiel de la protection de la partie Est de Noirmoutier. Son cœur de sable est uniquement protégé par une mince couche d’argile de 20 à 40 cm d’épaisseur. Si elle est traversée, son étanchéité n’est plus garantie et son rôle protecteur disparaît, la jetée est fragilisée, l’eau, la pluie d’abord puis la mer peuvent alors pénétrer et circuler.

Côté port, elle est entretenue et dans un état minéral parfait tandis que côté marais, c’est une véritable jachère. Beaucoup de ronces, des mauves arborescentes, des figuiers, des Rouches (Arroches), des Baccharis (plante invasive !), des Tamaris … la végétation doit être surveillée et ni arbres ni arbustes ne devraient y exister. Leurs racines auront tôt fait de traverser la mince couche d’argile, avec l’aide des mulots, des rats, des lapins... Ce serait grave pour l’étanchéité de la Jetée. Seule une végétation herbacée peut être tolérée à condition d’être contrôlée si l’on veut que son caractère sécuritaire persiste.

La Quai Cassard situé dans le prolongement n’a pas été rehaussé en 2009. Il est dans un état pitoyable. Il est affaissé et des pavés sont disjoints sous lesquels on atteint directement le sable qui se révèle humide. Quel lien existe-t’ il entre le Quai Cassard et la Jetée Jacobsen ? Y a-t’ il étanchéité par un bouchon d’argile entre les deux ? Il semble qu’il n’y ait pas de réponse connue à ces questions.

La vulnérabilité de la Jetée Jacobsen peut venir de là.

L’avenir, en tant que digue de sécurité, de la Jetée Jacobsen dépend de la qualité de son entretien et de celle de ses abords.

 

L’évaluation et la taille des différentes ruptures d’un secteur déterminé apparaissent souvent théoriques. Cela nécessite des éclaircissements et justifications.

 

Les secteurs noyés lors de Xynthia devraient recevoir une attention particulière pour la protection du littoral. Cela ne changera pas la vulnérabilité et ne les fera pas passer de la zone rouge à une autre couleur, mais des protections renforcées devraient y être admises. Par exemple, aux Sableaux, la zone inondée était protégée par le muret (perré maçonné). La mer l’a contourné à l’extrémité plus basse. Ce secteur a été aménagé ensuite de planches amovibles dont l’efficacité est discutable quand elles ne sont pas disposées sur toute la longueur nécessaire de protection (horizontale du sommet du muret). Les prescriptions et les zones d’aléas ne peuvent être efficaces que si les éléments de protection sont avant tout de qualité.

 

L’hiver, les terrains peuvent être saturés par les eaux de pluie qui peuvent avoir été abondantes, les marais sont noyés. S’il y a, dans ces conditions, rupture par effet de tempête, l’inondation sera notablement plus importante que ce qui est prévu. La circulation de l’eau ne dépend plus de la perméabilité du sol qui est gorgé d’eau, mais elle devient libre et se répand extrêmement rapidement. La célérité du mouvement de l’eau devient très grande. Ce paramètre ne semble pas avoir été pris en compte et pourtant ce type de conditions n’est pas exceptionnel et se superpose comme un aléa supplémentaire aggravant ceux déjà prévus.

 

Disparition de l’aléa 2100.

L’aléa 2100 a disparu du projet de PPRL 3e version. Au prétexte qu’il est difficile à évaluer. La cote +0,60m qui était affectée à cet aléa était probablement minimaliste et aurait dû être supérieure. Mais en éliminant cet aléa, on fait la politique de l’autruche et des secteurs anciennement en rouge passent en bleu-foncé… avec sensiblement les mêmes prescriptions que la zone rouge. Ceci est illusoire et peut apparaître trompeur.

 

Manques d’explication et de justification simples sur la non-prise en compte des protections de la côte. Une des principales raisons du rejet des précédents PPRL provient de la conviction commune que les édifices de protection de la côte assurent la sauvegarde des habitations situées à l’arrière. Il y a là une grande incompréhension qui peut être levée de façon simple avec des exemples imagés : la ceinture du pantalon, le parapluie contre la pluie…Les enrochements et divers épis s’ils sont entretenus apportent une sécurité certaine mais pas absolue. D’où les ruptures nécessaires à envisager avec leurs conséquences inévitables.

Architecture et urbanisme

Il faut réfléchir et inventer un urbanisme et une architecture adaptée aux lieux. Nous devons nous adapter à la situation que nous crée la mer et non le contraire. La petite maison basse et blanche doit se rehausser. Aux architectes de trouver les caractéristiques qui continueront de faire la personnalité de l’île.

 

 

Le PPRL doit être accepté et mis en œuvre rapidement. Il y aura toujours des ajustements ultérieurs à effectuer. De toute façon, il devra être révisé au fur et à mesure du siècle, mais il constitue une base solide pour la sécurité de l’avenir de l’île.

 

 

Noirmoutier, le 29 août 2015

 

 

 

 

 

 

 

L'érosion et l'évolution du Littoral à la suite des tempêtes de l'hiver 2013-2014

Retrouvez quelques photos en couleur publiées dans le dossier PDF...

 

 

 




 

 

Les Eloux

L’enrochement (provisoire) de haut de plage a été prolongé en janvier 2011. Il s’arrête en milieu de plage et il sera désormais nécessaire de le prolonger jusqu’à celui de Puntalara. Les conséquences en seront une érosion accentuée et un démaigrissement à l’aval, prévisibles à la Guérinière. Par ailleurs, les pieux de l’épi des Eloux se déchaussent en raison du démaigrissement local. Rappelons que cet endroit présente un courant de retour vers le large qui provoque une aspiration du sable, entraîné dans le même sens. A suivre avec attention.

Lire la suite : Les Eloux

Réunion VULSACO

Le projet Vulsaco « Vulnérabilité des côtes sableuses face aux changements climatiques et aux pressions anthropiques » est un projet de recherche labellisé par le pôle de compétitivité Euroméditerranéen sur les Risques, piloté par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières).

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Lettre aux amis 187

Ce numéro propose un contenu à caractère historique avec les abris maritimes fort utiles aux navigateurs dans les années 1500 et le naufrage de la Nymphe, artistique avec la représentation des marais par les artistes peintres et scientifique avec la description des Hermelles.

NOIRMOUTIER, UNE ÎLE AU CINEMA

Partenaire de l'exposition, l'association Les Amis de l'Ile de Noirmoutier vous recommande cette visite et la lecture des articles publiés dans la "Lettre aux Amis". Cliquez sur l'image pour obtenir la liste

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Le château de Noirmoutier abrite un musée depuis 1905. Le château-musée entame une période de réflexion sur son évolution, sur la présentation des collections, son positionnement sur l'île et son écho sur le continent. Les réponses seront apportées par un Projet Scientifique et Culturel (PSC) qui permettra d'envisager les moyens nécessaires à ce renouveau. Le PSC établit le constat de la situation existante et définit un projet d'établissement. Il repose sur une large consultation de partenaires et d'interlocuteurs dont vous faites partie. Nous vous invitons donc à répondre au questionnaire auquel vous aurez accès en cliquant sur le lien

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